L’élection de François Hollande ouvre de grands espoirs pour les plus démunis qui peinent à se loger et permettra la mise en oeuvre d’une politique du
logement plus juste grâce à une augmentation des crédits pour le logement social et à l’adoption d’une loi qui encadrera les loyers du secteur privé.
A la veille d’un changement de politique dans notre pays, l’une des principales associations de défense des mal-logés, le DAL, a tenu, par sa présence devant l’Hôtel de Ville, à rappeler les attentes légitimes d’un grand nombre de nos concitoyens en matière de droit au logement opposable et de droit à l’hébergement. Le maire de Paris, qui partage avec les associations le souci d’accroître la reconnaissance de ces droits, a souhaité qu’une délégation du DAL soit reçue ce jour à l’Hôtel de Ville.
A cette occasion, la municipalité parisienne a réaffirmé les priorités que constituent la production de logements sociaux dans la capitale et la résorption de l’habitat insalubre. La Ville, qui
atteindra 20% de logements sociaux dès 2014, attend, grâce notamment à des réformes de la politique du logement sur le territoire national et métropolitain, une accélération de la production de
logement en Ile-de-France, seule à même de résoudre la crise du logement. Parallèlement à l’effort de construction, il importe de prendre des mesures d’urgence pour faire face à certaines situations
de détresse et la Ville se déclare prête à appuyer toutes les dispositions qui ont été ou seront prises par le législateur afin de mobiliser le parc privé lorsqu’il est anormalement vacant
depuis plusieurs années. Par ailleurs, la Ville continuera à participer aux côtés de l’Etat au relogement des personnes reconnues prioritaires.
D’ores et déjà, la Ville demande à l’Etat de ne pas procéder aux expulsions des personnes reconnues prioritaires au titre du Droit au logement opposable lorsque aucun relogement ne leur a été
proposé.
De plus, comme elle l’a déjà rappelé, la Ville de Paris souhaite la prolongation de l’ouverture des centres d’hébergement hivernaux lorsque les locaux le permettent et contribuera à améliorer l’offre
d’accueil des plus démunis à travers l’ouverture de 2000 places pour les sans abri dont 1700 sont déjà financées. L’amélioration des conditions de prise en charge des sans abri nécessite également la
mise en place d’une politique métropolitaine de l’hébergement permettant un meilleur fonctionnement du 115, une prise en charge stable et continue des personnes en mobilisant toutes les capacités
d’accueil disponibles en Ile-de-France.
Une manifestation qui fait du bruit pour le droit au logement (cliquez ici)
Une enquête réalisée DAL et la fondation copernic
Le logement devient-il luxe ? :
(Cliquez ici) -------> www.kwg.tv/go/?a6390ce
26 ans de lutte pour le Droit au logement
26 questions aux candidats
Monsieur François Hollande, candidat à l’élection présidentielle :
Notre pays s’enfonce dans une crise du logement, causée par le renchérissement inconsidéré et rapide des loyers, de l’immobilier et du foncier, par l’insuffisance de logements accessibles, par un
appauvrissement des couches populaires.
Depuis 1986, les luttes des mal-logés se sont développées, et des avancées ont été obtenues. Mais depuis 2000, la situation du logement s’est dégradée ; c’est un fait sans précédent depuis le 19e siècle, hormis durant les deux guerres, nous régressons.
Sous les yeux des Français de plus en plus de personnes sont condamnées à vivre et agoniser dans la rue, à subir l’éreintante précarité du logement, à sacrifier leurs maigres ressources pour assouvir la rente locative, immobilière et foncière. Cette rente qui ne rapporte rien de plus à notre pays et à notre économie qu’inégalités, régressions, divisions, et ponctions brutales sur les revenus du travail. C’est injuste, immoral, et c’est une insulte à la terre des droits de l’homme, 5e puissance économique mondiale.
Veuillez trouver ci-joint 26 propositions susceptibles d’affronter et de vaincre cette gangrène sociale, que nous soumettons à votre jugement afin d’avoir un éclairage sur votre vision dans ce domaine, et d’appréhender les politiques que vous comptez mettre en œuvre, si vous êtes élu.
Nous restons à votre disposition pour tout complément d’information, et dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur, l’expression de nos distinguées salutations.
Pour la fédération Droit Au Logement,
Jean baptiste Eyraud Porte-parole
A – Garantir le Droit à un logement :
L’heure est à mettre en œuvre le droit au logement, à réaliser cette avancée sociale que beaucoup de Français attendent et espèrent en ces temps incertains, afin de sécuriser leur propre avenir, celui de leurs enfants ou celui de leurs proches.
Êtes vous favorable à :
1 - Inscrire le droit au logement dans la constitution ;
2 - faire respecter la loi DALO, et à l'améliorer, pour que les droits des personnes reconnues prioritaires, soient enfin respectés, et pour que l’État les reloge ;
3 - satisfaire et respecter au droit à l'hébergement de toute personne sans logis, jusqu'à une orientation et un relogement, selon la loi et le Conseil d’État [1];
4 - appliquer et améliorer la procédure d'attribution d'office, dite loi de réquisition, pour en faire un outil complémentaire de relogement [2];
5 - cesser les expulsions sans relogement, de toute personne, y compris les squatters par nécessité, en incapacité de se loger décemment ;
6 - rétablir le droit au relogement des occupants sans titre créé par la Loi SRU, et ouvrir ce droit aux familles victimes de saturnisme ou exposées au risque ;
7 - créer un service pour appliquer les lois réprimant la délinquance locative (marchands de sommeil, escroquerie, abus, expulsions illégales, surexploitation …)
B– Contre le logement cher :
La cherté du logement bloque l'accès des classes populaires et moyennes, des jeunes, des migrants, des salariés précaires au parc locatif privé et à l'accession à la propriété. Elle nourrit la crise du logement et ses conséquences les plus graves au plan humain. Elle banalise la cupidité et l’exploitation d’autrui, en violation de nos valeurs humanistes.
Êtes vous favorable à :
8 - modérer, encadrer et réguler les loyers, afin dans un 1er temps de baisser les loyers de 20% dans le privé, puis les mener à un niveau compatible avec les revenus des locataires ;
9 - baisser les loyers en HLM de 10%, compensé par de nouvelles recettes, par exemple la taxation des profits spéculatifs ;
10 - Imposer aux grands distributeurs une baisse des prix de l'énergie et de l'eau de 10% à 20%, et une stabilité des prix ;
11 – taxer les profits tirés de la spéculation foncière et immobilière, et ramener les prix en correspondance avec les revenus des ménages ;
12 – supprimer les niches fiscales accordées aux riches contribuables dans le secteur immobilier, locatif, y compris dans les DOM … y compris les allègements en cours ;
13 - Interdire les congés ventes et abroger les sous-statuts locatifs[3] pour rétablir le droit au maintien dans les lieux des locataires ;
C – Sauvegarder et relancer le logement social :
Depuis 10 ans, une série de lois ont poussé le logement social vers sa marchandisation rapide. Il n'y a plus qu'un pas à franchir pour rémunérer le capital des bailleurs sociaux privés, pour déréguler les loyers en fonction du marché aggravant ainsi la disqualification des quartiers HLM, pour privatiser les offices, pour mettre sur le marché immobilier et locatif spéculatif des logements sociaux, pour mettre en concurrence les bailleurs sociaux et les pousser à spéculer, pour permettre aux promoteurs de s'enrichir grâce au logement social et sur le dos des locataires ....
Le mode de financement des HLM, le Livret A, est également menacé, puisque 35% des encours de l'épargne populaire, soit environ 100 milliards d'euros, n'est plus centralisé par la CDC, et est abandonné aux banques sans contrepartie réelle. C’est un détournement risqué de l’épargne en faveur d’intérêts strictement privés.
Il y a nécessité, dans une perspective de baisse de la production de logements de marché, de réaliser 200 000 HLM par an. Les aides à la pierre ont quasiment disparu des financements à la production et à la réhabilitation des logements sociaux. L’article 55 de la loi SRU n’est pas respecté dans les communes les plus riches.
Ëtes vous favorables à :
14 - abroger les articles de loi qui préparent la marchandisation des HLM [4];
15 – à restituer à la CDC l’intégralité de l’épargne populaire, pour financer des HLM, et la défense de l’environnement dans l’habitat ;
16 - rétablir et renforcer les aides à la pierre pour réaliser, réhabiliter et mettre aux normes environnementales les logements sociaux sans pénaliser les locataires ;
17 - financer la réalisation de 200 000 vrais logements sociaux par an, pour compenser la baisse de production de logements chers ;
18 – Article 55 de la loi SRU : augmenter le taux de logements sociaux, ne plus compter les PLS, renforcer les sanctions financières ;
19 – Dans les HLM, une véritable transparence sur les chiffres en matière de mise en service, de production, de destruction, d’expulsion, et de traçabilité [5] ;
20 – Affecter les surloyers à baisser la quittance dans des PLI ou des PLS afin d’y loger des ménages éligibles au logement très social ;
D – Donner le pouvoir aux habitantEs :
Il est temps de promouvoir les initiatives collectives, coopératives, alternatives, et d’encourager les habitants à concevoir, produire et gérer leur habitat, pour contrer la marchandisation à outrance du logement, responsabiliser les habitants, démocratiser la production de logement:
Êtes vous favorables à :
21 - soutenir l'autoproduction collective de logement par les habitants, sous forme notamment de coopératives de locataires ;
22 - Renforcer la participation des locataires à la gestion du parc des grands bailleurs, sociaux et privés ;
23 - soutenir les formes d'habitats légers alternatifs novateurs, préservant l'environnement, et créer un statut stable pour les habitants de camping à l’année ;
24 - aider les gens du voyage et les Tziganes qui le souhaitent à disposer d'un habitat stable, à soutenir les terrains familiaux, à interdire les discriminations à l’installation ;
25 – régulariser et viabiliser les quartiers d’habitat auto construits dans les DOM-TOM, cesser toute démolition sans relogement préalable ;
26 – respecter les revendications des habitants de foyers de jeunes et de migrants, notamment lors des opérations de réhabilitation ;
NOTES
[1] Selon l’article L345-2 et suites du code de l’Action sociale et avec l’ordonnance du Conseil d'État du 10 février dernier, rendu à la demande de DAL;
[2] Le nombre de logements vacants dans notre pays a atteint en 2011 le plafond historique de 2,391 millions, selon l’INSEE, soit une hausse de 17% depuis 2000, représentant 7,1% de la totalité du parc.Le nombre de logements vacants est paradoxalement plus élevé dans les zones tendues, traduisant la hausse de la vacance spéculative. La réquisition et le relèvement de la taxe, ainsi qu’un prélèvement plus rapide sont nécessaires.
[3] L’objectif étant de redonner aux locataires le droit à la stabilité du logement, mis à mal par la multiplication des sous statuts locatifs, il y a lieu d’unifier les baux et de stopper leur morcellement. Dans le parc privé il faut revenir aux baux de 6 ans, abroger le congé vente (établi par la loi Méhaignerie en 1986) et les sous statuts de type logements meublés, résident temporaire, bail étudiant de 9 mois, ou location touristique dans les zones tendues ... En HLM, le droit au maintien dans les lieux en cas de démolition, résidence sociale, et autres statuts d’exception maintiennent durablement dans la précarité les ménages les plus fragiles, et qui ont justement besoin de stabilité …
[4] Des mesures de marchandisation ont été saupoudrées dans de nombreuses lois depuis 10 ans, notamment dans la loi Borloo du 01 08 2003 (réforme de la gouvernance dans les SA HLM, ANRU) , la Loi de décentralisation 13 08 2004 (dérégulation progressive des loyers dans les HLM), la Loi ENL du 23 01 2008, la loi Boutin du 25 mars 2009 (CUS, VFA aux bailleurs sociaux, ventes, rénovation quartiers anciens ...)
[1] Les ministres du logement nous livrent chaque année des chiffres farfelus sur la production de logements sociaux. Afin de lever toute possibilité d’annonce intempestive, nous demandons que soit instituée une traçabilité dans la production HLM, de la décision de financement à la 1ère location. Cette technique permettrait de repérer les blocages à la production de HLM pour mieux lever les obstacles. De plus, de nombreux logements sociaux sont détruits, ou changent d’affectation, et les bailleurs sociaux refusent de livrer le nombre d’expulsion dans leur parc…